2007年12月6日木曜日

Victoire du camp démocrate hongkongais à un scrutin partiel

Victoire du camp démocrate hongkongais à un scrutin partiel
LE MONDE | 03.12.07 | 16h07 • Mis à jour le 03.12.07 | 16h07
HONGKONG CORRESPONDANCE


AP
Anson Chan, figure emblématique du camp démocrate de Hongkong, le 3 décembre 2007.


Une figure emblématique du camp démocrate de Hongkong a remporté, dimanche 2 décembre, une élection législative partielle dans l'ex-colonie britannique, relançant le débat autour d'une pleine démocratisation du territoire dix ans après sa rétrocession à Pékin. Agée de 67 ans, Anson Chan a enlevé un siège de l'île de Hongkong avec 55 % des suffrages contre 43 % à sa rivale Regina Ip, soutenue par le camp pro-Pékin. Ce scrutin avait été présenté comme un "référendum pour la démocratie", compte tenu des personnalités des deux candidates.


"MADAME CONSCIENCE"

Surnommée "Madame conscience", Mme Chan a mené une brillante carrière de haut fonctionnaire qui l'a conduite au poste de "secrétaire en chef" de l'administration avant et après la rétrocession de 1997 à la Chine populaire. Elle en avait démissionné en 2001. Ce qui avait été interprété comme un geste de défiance à l'égard des manoeuvres de Pékin visant à affermir son contrôle politique sur le territoire. Elle est donc revenue au combat à l'occasion de ce scrutin.

La personnalité de sa rivale est aussi politiquement connotée. Agée de 57 ans, Regina Ip est l'ex-ecrétaire à la sécurité, "dame de fer" associée dans l'esprit des Hongkongais à un très impopulaire projet de loi antisubversion contre lequel des centaines de milliers de personnes ont manifesté en 2002 et 2003. Elle fut contrainte de démissionner, et d'aller se faire oublier aux Etats-Unis. Malgré son souhait de retrouver un rôle politique, Regina Ip n'a pas su se délester de son lourd passé qui, ajouté aux gaffes dont elle s'est fait une spécialité, l'a hantée pendant cette campagne. Pour illustrer le fait que la démocratie n'est pas la panacée, elle a cité l'exemple d'"Adolf Hitler, démocratiquement élu".

Le scrutin visait à pourvoir un siège au Conseil législatif (Legco) après le décès, en août, du député qui l'occupait. Le Legco compte soixante sièges, dont la moitié seulement est soumise au suffrage universel. Cela garantit au gouvernement local et aux autorités chinoises une majorité permanente à l'assemblée locale. Mais le siège concernait l'île de Hongkong elle-même, ce qui est symboliquement important.

Il avait été occupé par une personnalité politique majeure : Ma Lik, le chef de l'Alliance pour l'amélioration de Hongkong (DAB), pro-Pékin. Paradoxalement, la cuisante défaite du camp démocrate aux élections locales, il y a deux semaines, a sans doute servi de rappel à l'ordre. Il est néanmoins improbable que la victoire de Mme Chan suffise à lever les réticences de Pékin à accélérer les réformes démocratiques. L'élue souhaiterait que le suffrage universel soit instauré dès 2012, date jugée prématurée par Pékin.

Florence de Changy
Article paru dans l'édition du 04.12.07.

 

ラベル: